Quelqu’un a évoqué un torticolis, ou vous avez remarqué que votre bébé tourne toujours la tête du même côté, et la question qui se cache derrière est : que se passe-t-il si l’on ne fait rien ? Je suis Nicolas Grimaldi, ostéopathe pédiatrique, et les parents me posent cette question en permanence. La réponse honnête sur le torticolis non traité chez le bébé, c’est que tout varie énormément d’un bébé à l’autre. Voici ce que je vois réellement en cabinet, et pourquoi c’est une raison de faire évaluer votre bébé, et non une raison de vous inquiéter.
Que se passe-t-il si un torticolis n’est pas traité chez le bébé ?
Cela dépend du bébé, beaucoup plus que les parents ne l’imaginent. Un déséquilibre qui s’installe met en place ce que j’appelle des spirales, et ces spirales entraînent différentes perturbations posturales plus bas dans le corps. À une extrémité, il ne se passe presque rien au-delà du cou et du crâne. À l’autre extrémité, le déséquilibre se traduit par une scoliose. Le déséquilibre lui-même prend plusieurs formes. Ce peut être une déformation du crâne. Ce peut être un véritable torticolis. Ce peut être une flexion, des spasmes musculaires, ou un mélange de tout cela. Le point commun, c’est que ces éléments tirent votre bébé hors de son équilibre, et le corps s’organise autour de cette traction. C’est ce que j’appelle une spirale. Le déséquilibre ne reste pas là où il est apparu. Le corps compense, et cette compensation atteint la posture.
Un torticolis non traité peut-il provoquer une scoliose ?
Cela peut arriver, et c’est l’extrémité de ce que je vois. La scoliose est l’expression extrême de ces déséquilibres, qu’ils aient commencé par un torticolis ou par une plagiocéphalie, c’est-à-dire une déformation du crâne. La plupart des bébés n’y arrivent jamais. Entre « presque rien » et la scoliose, il existe un vaste terrain intermédiaire, et c’est là que se situent la plupart des bébés. Ce terrain intermédiaire contient plus de choses que les parents ne le pensent. Il y a la fausse scoliose. Il y a la scoliose d’adaptation. Il y a des perturbations posturales sans aucune scoliose. Ce sont des situations différentes, qui n’ont pas le même poids. La scoliose se trouve au bout d’un éventail de possibilités. C’est ce vers quoi un déséquilibre peut évoluer quand rien ne change.
Tous les bébés atteints d’un torticolis développent-ils un problème ?
Non, et la variation est plus grande que la plupart des parents ne l’imaginent. J’ai suivi des bébés avec une plagiocéphalie importante, une vraie déformation du crâne, où la déformation est restée limitée au crâne et a eu peu d’impact sur le reste du corps. Ces bébés n’ont pas développé de scoliose. J’ai aussi vu l’inverse. Un bébé avec un petit quelque chose, rien qui paraisse bien important, et qui développe ensuite une scoliose. Tout peut arriver, donc inutile de paniquer. Chaque cas est différent. Je ne cherche pas à esquiver votre question : c’est la réponse. Vous ne pouvez pas lire l’avenir de votre bébé dans la taille d’un méplat, ni dans le simple fait que le mot torticolis ait été prononcé lors d’une consultation.
Qu’est-ce qui compte plus que l’étiquette ?
L’équilibre, la symétrie et la mobilité. Ce sont les trois choses que j’observe, et la troisième est celle dont les parents entendent rarement parler. La symétrie seule ne suffit pas. Je veux savoir avec quelle liberté votre bébé bouge, dans toutes les directions, et si ce mouvement existe des deux côtés. C’est pourquoi l’étiquette compte moins pour moi que ce qui se trouve en dessous. Ces points de départ différents peuvent tous entraîner le corps dans le même type de spirale. Ce que je veux savoir, c’est où se situe votre bébé en matière d’équilibre, de symétrie et de mobilité, et ce qui le retient là.
Que faire si votre bébé a un torticolis ?
Faites évaluer votre bébé. La meilleure façon de prendre en charge ces situations est de consulter un ostéopathe pédiatrique compétent, quelqu’un qui peut vous dire où se situe réellement votre bébé sur cet éventail. C’est à cela que sert un bilan : il remplace les suppositions sur l’avenir par la connaissance de ce qui se passe maintenant. Pour en trouver un, consultez ma liste d’ostéopathes pédiatriques recommandés. Chaque nom qui y figure est passé par moi. En parallèle, il existe un travail manuel que vous pouvez faire à la maison, construit autour de ces trois mêmes axes. Je ne mets pas les techniques par écrit, parce que l’endroit où vous placez vos mains décide de leur efficacité. Je démontre chacune d’elles en vidéo dans le programme 0 à 6 mois de la Fulkrum Academy.
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Cet article vous donne le raisonnement : pourquoi un déséquilibre se propage, pourquoi l’éventail des évolutions possibles est si large, et pourquoi un bilan vaut mieux que l’inquiétude. Ce qu’il ne peut pas vous donner, c’est ce qu’il faut faire avec vos mains. Cette partie s’enseigne dans le programme 0 à 6 mois de la Fulkrum Academy. Je démontre chaque technique en vidéo, étape par étape, dans l’ordre où je les utilise, stade par stade de la naissance à six mois. Inscrivez-vous et avancez avec moi. Vous obtenez la routine quotidienne complète et le raisonnement derrière chacun de ses éléments.