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Bébé s’étouffe avec le lait ou régurgite : est-ce normal ?

7 min de lecture Nicolas Grimaldi

Vous essuyez encore du lait sur votre épaule et vous vous demandez si c’est simplement ce que font les bébés. Peut-être que votre bébé tousse et s’étouffe au milieu d’une tétée. Peut-être qu’il faut vingt minutes de tapotements avant qu’un rot arrive enfin. Je suis Nicolas Grimaldi, ostéopathe pédiatrique, et je veux vous donner une réponse franche sur les régurgitations, le lait qui fait s’étouffer bébé et les rots.

Les régurgitations de bébé sont-elles normales ?

Des régurgitations régulières ne sont pas normales, quelle que soit la quantité. Un petit filet, un gros rejet, un jet en projectile, du lait par le nez : je les lis tous de la même façon. Ce qui les rend anormales, c’est qu’elles se répètent. Après chaque tétée, deux fois par jour ou deux fois par semaine, le schéma compte bien plus que le volume. On apprend généralement aux parents à mesurer la quantité. Était-ce beaucoup ou peu ? Était-ce juste un petit renvoi ? Moi, je regarde la fréquence. Un bébé qui rejette du lait de façon régulière vous dit quelque chose sur le fonctionnement de son corps. La quantité indique seulement à quel point ce message est fort.

Pourquoi mon bébé régurgite-t-il ou s’étouffe-t-il avec le lait ?

Les régurgitations et le fait de s’étouffer avec le lait traduisent un signal nerveux perturbé. C’est un message irritatif, nociceptif, quelque part dans le système nerveux. Dans ma pratique, il s’agit le plus souvent du nerf vague, parfois du diaphragme, et le diaphragme ramène lui aussi au nerf vague. Le corps répond à ce message en faisant remonter le lait. L’estomac, le nerf vague et la première vertèbre se trouvent sur une même ligne. Quand la mécanique autour de cette ligne n’est pas équilibrée, le signal n’est pas clair. C’est aussi pour cela que les difficultés d’alimentation tiennent rarement à ce qu’on dit aux parents de regarder. Le mamelon, le sein ou la langue n’y sont pour rien. Tout tient à la mécanique. La tétée est automatique, une succion qui fonctionne par réflexes. Un bébé équilibré peut téter dans presque toutes les positions et bien prendre le sein. Un bébé dont le corps n’est pas équilibré doit lutter pour chaque gorgée, et la fonction en souffre.

Mon bébé va-t-il cesser de régurgiter en grandissant ?

On vous dira que votre bébé s’en débarrassera en grandissant. Dans la plupart des cas, le symptôme s’estompe effectivement, et cette partie est vraie. L’explication qu’on en donne, en revanche, ne l’est pas. Votre bébé ne se défait pas des déséquilibres sous-jacents. Ils restent en place, et les symptômes qu’ils produisent changent simplement de forme à mesure que le système nerveux mûrit. Quand le système mûrit, le seuil d’irritation monte. Il faut davantage pour déclencher le même réflexe : le déclencheur change et les vomissements s’arrêtent. Le terrain sur lequel tout cela a poussé, lui, n’a pas bougé. Ce qui vient ensuite dépend de l’importance du déséquilibre.

  • Les cas les plus marqués. L’alimentation reste difficile. Un enfant d’un an ou de deux ans peut encore rejeter de la nourriture, s’étouffer ou peiner avec les morceaux plus gros.
  • Les cas plus légers. Les dents sont en retard. Les dents commencent généralement à sortir vers six mois. J’ai vu récemment un enfant d’un an sans aucune dent. Ce bébé avait régurgité et eu des difficultés de prise du sein à la naissance. Le système nerveux qui contrôle ces réflexes est lié à la cinquième paire de nerfs crâniens, et une partie de ce nerf innerve les dents et transmet les signaux qui déclenchent leur croissance.
  • Plus tard. Ronflements, saignements de nez, toux et rhumes à répétition. Je les retrouve à huit mois, à deux ans, à cinq ans, sur le même terrain. Il arrive qu’un bébé évolue de lui-même dans le bon sens et que la mécanique se rééquilibre vraiment. Cela se produit, et c’est une bonne surprise. C’est aussi rare, et je ne bâtirais pas un plan là-dessus.

Mon bébé a-t-il besoin de faire son rot après chaque tétée ?

Non. Faire roter après chaque tétée est une habitude transmise de génération en génération, pas un besoin. Certains bébés ont besoin d’aide pour évacuer l’air, et il existe des techniques pour cela. La plupart du temps, un bébé dont le corps est bien équilibré fait son rot tout seul, tenu dans la prise du tigre, sans aucun tapotement. Un bébé qui a du mal à roter porte le plus souvent des déséquilibres, et c’est le cas la plupart du temps. Cela s’accompagne souvent d’hoquets excessifs. C’est toujours la même ligne : l’estomac, le nerf vague, la première vertèbre. Il n’y a pas longtemps, une maman et une grand-mère sont venues après avoir nourri le bébé en salle d’attente. La grand-mère tapotait fort et vite, et le bébé grognait, agité. Ce volume de tapotements ne sert à rien. Ce n’est pas le tapotement qui fait venir le rot. C’est l’équilibre en dessous.

Ce qui aide à la maison

Trois choses portent l’essentiel du travail à la maison. Porter votre bébé dans la prise du tigre, qui appuie le ventre le long de votre avant-bras, la tête soutenue vers l’avant. Soutenir la tête pendant la tétée pour qu’elle ne tombe jamais en arrière. Et un massage du ventre doux, lent, dans le sens des aiguilles d’une montre, en cas de gaz ou d’inconfort. C’est le détail de chaque technique qui la fait fonctionner.

  • La prise du tigre. Votre bébé repose le long de votre avant-bras, ventre sur l’avant-bras, épaule contre votre bras, tête soutenue vers l’avant. Les bébés sont faits pour ramener la tête vers l’avant : une prise qui laisse la tête partir en arrière crée une tension. Travaillez-la lentement jusqu’à ce qu’elle devienne facile dans vos mains, et pratiquez-la sur les deux bras pour que votre bébé soit porté des deux côtés.
  • Le soutien de la tête pendant la tétée. Soutenez la tête et ne la laissez pas tomber pendant la tétée. À mesure que la prise du sein s’améliore, les régurgitations diminuent souvent et les tétées deviennent plus courtes et plus calmes.
  • Le massage digestif. Des gestes doux et lents sur le ventre, dans le sens des aiguilles d’une montre, comme le système digestif se déplace naturellement. Vos mains caressent et glissent sur la peau en continu et ne restent jamais immobiles. Gardez une pression légère. Si votre bébé n’aime pas un endroit précis, contournez-le au lieu d’appuyer. Les manipulations plus profondes sur le ventre relèvent d’un professionnel. Je reste volontairement bref. Chacune de ces techniques est un vrai geste, avec un placement des mains, une séquence et un rythme qui décident s’il agit ou non. Lire un paragraphe ne remplace pas de se le faire montrer. Le pas à pas complet pour ces trois techniques se trouve dans le programme 0 à 6 mois de la Fulkrum Academy.

Quand consulter un ostéopathe pédiatrique

Si votre bébé rejette du lait de façon régulière, quelle que soit la quantité, un bilan ostéopathique vaut la peine. Il en va de même pour un bébé qui rote difficilement, qui a des hoquets excessifs ou des difficultés de prise du sein. Ce sont des signes mécaniques. Les signes mécaniques répondent au travail manuel sur le corps, et c’est là qu’intervient l’ostéopathe pédiatrique. Un ostéopathe pédiatrique regarde la mécanique qui se cache derrière le symptôme plutôt que le symptôme seul. C’est l’orientation que je donne aux parents. Un corps tout juste rééquilibré peut d’abord dériver vers son ancien schéma : attendez-vous donc à quelques ajustements plutôt qu’à une seule séance. Pour en trouver un, partez de ma liste d’ostéopathes pédiatriques recommandés. Chaque nom y figure après être passé par moi.

Les questions fréquentes des parents

La quantité régurgitée compte-t-elle ? Non. Un filet, un gros rejet, un jet en projectile ou du lait par le nez se lisent tous de la même façon pour moi. C’est la fréquence que je regarde. Mon bébé ne régurgite que deux fois par semaine. Est-ce régulier ? Oui. Deux fois par semaine, c’est déjà un schéma. Deux fois par jour aussi, et après chaque tétée également. Mon bébé a le hoquet en permanence. Y a-t-il un lien ? Souvent, oui. Les hoquets excessifs et la difficulté à roter vont généralement ensemble, sur les mêmes déséquilibres. Taper davantage aidera-t-il mon bébé à roter ? Non. Les tapotements excessifs ne font pas le travail, et ils ont tendance à agiter le bébé.

Apprenez les techniques au sein de la Fulkrum Academy

Les régurgitations, le lait qui fait s’étouffer bébé et les rots difficiles ne sont pas des choses à subir en attendant que ça passe. Ce sont des signes avec lesquels vous pouvez travailler, à la maison, dès maintenant. Les prises et le massage qui font la différence sont des gestes manuels, et il est bien plus facile de les apprendre en les voyant faire qu’en les lisant. Inscrivez-vous au programme 0 à 6 mois de la Fulkrum Academy. À l’intérieur, je vous guide pas à pas dans la prise du tigre, le travail de position pendant la tétée et le massage digestif, avec le reste du programme. Vous recevez toute la séquence dans le bon ordre : vous savez quoi faire, quand le faire et pourquoi cela fonctionne. Avancez avec moi à votre rythme.

À propos de Nicolas Grimaldi

Ostéopathe pédiatrique passionné par la transmission, Nicolas partage ses connaissances sur le développement sain du bébé et aide les familles à traverser les premiers mois de transformation.

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